samedi 21 février 2015

Uli Jon Roth, Scorpions Revisited (2015, Warner / UDR Music)

Uli Jon Roth sort de sa veine néoclassique ringarde ou de son mysticisme de pacotille pour revenir à ce qu'il a fait de mieux: son empreinte dans Scorpions, immortalisé dans le chef d'oeuvre "Tokyo Tapes" (1978) où sa veine hendrixienne a été le mieux digérée.
Ici il revisite donc ses compositions, dont certaines sont réécrites, réinventés (voir la nouvelle version dantesque de "Dark Lady" par exemple). Appuyé par un backing-band au top qui ne fait pas que de la figuration. En particulier pour le chanteur Nathan James, qui a sa texture, et qui fait oublier Klaus Meine.
Et en plus il est plutôt bien produit. Ce qui a rarement été le cas chez Uli Jon en solo.
L'effet secondaire de cet album est de donner un coup négatif à Scorpions, qui n'a pu rarement égaler "Tokyo Tapes" et dont on craint le pire pour le futur album (Rudolph Schenker n'est plus depuis longtemps l'inventeur de riffs mémorables qu'il était).

Billy Idol, Kings & Queens of the Underground (2014, BFI Records)

Billy Idol continue son retour depuis 2005, pour ne pas dire sa résurection car il ne truste plus la tête des charts. Néanmoins, sa pate est toujours présente. La voix est là. La production est de qualité, comme d'habitude (gros producteurs derrière les console: Trevor Horn principalement, et Greg Kurstin, pas impressionnant).
Billy Idol ne change pas: l'architecture des morceaux ne change pas d'un iota. Et quand il sait mélanger rock, solo incendiaire, break basse-voix, et avec une bonne chanson, ça fait mouche.
Le fidèle Steve Stevens est toujours là et cosigne les meilleures pièces: "Postcards from the Past" et "One Breath Away".
Au total cet album n'a pas la pêche et l'énergie de "Devil's Playground" (2005) mais reste honorable.

vendredi 6 février 2015

Queen, Live at the Rainbow 1974 (2014, Virgin EMI)

Bel album que ce collage de deux concerts de Queen, sur la période entre le deuxième et après le troisième album. Et donc bien avant A Night At The Opera et Bohemian Rhapsody.
L'album est brut. Le groupe pratique un mélange de brutalité et de finesse, une espèce de hard rock baroque, où les deux premiers albums sont restitués presque à l'identique des albums.
Belle prestation pour le groupe qui dispose de l'énergie de la jeunesse, bien avant de remplir les stades.
On peut noter le travail impressionnant de Brian May, si reconnaissable et indispensable au son Queen. Brian May qui alignait déjà son solo de guitare, psychédélique et un peu ennuyeux, qu'il reproduira lors de tous les concerts de Queen.
Un must pour les nostalgiques de la fibre hard-rock brute du Queen.

Pink Floyd, The Endless River (2014, Parlophone)

Les chantres du rock pour obèses sont de retour. Ce Pink Floyd-là possède le charme d'un Pink Floyd instrumental (on ne peut pas dire non plus que Gilmour et compagnie produise une musique vocale).
Longues plages planantes, voire psychédéliques, avec des nappes de guitares (acoustiques, électriques), et une batterie très en avant dans le mix (bien qu'absente de certaines plages).
Au total, dans un monde musical où le collage et la vitesse (rythmique et BPM, zapping de la musique en streaming et temps d'écoute écourté), un monde où le zapping est le mode opératoire par défaut, les Pink Floyd sont subversifs avec ce disque: durée de plus de 60 minutes, longues plages qui nécessitent un temps d'appropriation pour en discerner les beautés (si l'on en trouve bien sûr) et enchaînées d'un bloc.
Mettons la polémique des thuriféraires sur l'absence de Roger Waters et donc de son label Pink Floyd. Tant qu'on y est, Syd Barrett n'étant plus là, cela n'en est pas un non plus. Ne sombrons pas dans le ridicule et prenons cet album pour ce qu'il est : un album old school en hommage à Rick Wright (!!!!), tout en ne sachant jamais ce qu'aurait donné l'album si Wright avait contribué à sa réalisation.